Henri Laborit - Biologie et structure : introduction

Voici le premier élément d’une longue série d’articles, qui seront amenés à se compléter successivement, afin de former une fiche de lecture digne de ce nom. Nous commençons aujourd’hui par l’introduction d’une des œuvres majeures du biologiste Henri Laborit, Biologie et structure, date de publication : 1968.
Quatre pages, guère plus en format de poche, pour permettre à Laborit de nous présenter les notions avec lesquelles il va jongler au cours de son ouvrage.
En premier lieu Laborit nous prévient qu’en dépit du titre de l’essai, c’est de peu de structure qu’il fera preuve face au lecteur puisqu’il s’agit d’une compilation d’articles et de notes destinées à des conférences qu’il a réuni dans ces cent quatre-vingt pages. L’ouvrage se présente donc davantage comme une méthodologie que nous avons voulu livrer à la critique, en l’exploitant dans des exemples choisis et peu nombreux.
Passons maintenant au contenu des notions mentionnées plus haut.
Première notion : la mémoire. De quoi est-elle composée ? De traces d’évènements énergétiques. Et ce n’est que leur réunion fréquente, statistiquement significative, qui dans certaines conditions nous amène à la notions d’objet. Le mot (mémoire) risque ensuite de cristalliser cet objet et ne plus nous permettre d’en dissocier les éléments énergétiques. Or, cette dissociation est nécessaire à l’imagination, car imaginer c’est créer de nouveaux ensembles avec des éléments d’origines variées. En somme, la mémoire est une construction que nous faisons dans le but d’assurer notre survie, puisque, et nous allons aborder la seconde notion, les évènements énergétiques qui nous entourent, et qui sont la base de notre mémoire, n’ont pas de « valeur » en eux-mêmes. Ils ne sont pas bons, ni mauvais ; en revanche notre survie exige que nous émettions ces jugements de valeur.
Laborit aborde ensuite l’entropie, envisagée comme expression du désordre. L’entropie traduit donc une absence de structure, et s’oppose à une structure plus ordonnée ; en somme on a une structure moins signifiante, qui s’oppose à une structure qui est davantage signifiante. La troisième notion réside donc dans le fait que ce qui est bon, beau, utile, etc., est ce qui est plus ordonné et plus signifiant. Cette troisième notion est donc une esthétique, que Laborit qualifie de science des relations. C’est la seule notion vraiment utile à l’Humanité puisque elle ne cherche pas l’utilité, elle la trouve. Et tout dépend de cette notion, puisque c’est elle qui rend l’action efficace, et qui rend l’homme conscient de son efficacité. Dès lors, l’efficacité consiste, en fait, à accorder ses actions à la structure du monde, structure qui devient la recherche essentielle et jamais finie de la vie humaine.
Mais cette efficacité ne contribue qu’à généraliser, c’est-à-dire à créer de nouveaux ensembles de relations, donc de nouvelles structures, englobant les ensembles préexistants, dont nous connaissons déjà les caractéristiques essentielles.
À la morale figée, s’oppose donc l’esthétique qui est en perpétuelle évolution, un système ouvert, puisque nous sommes les seuls responsables de l’enrichissement de nos structures. L’esthétique permet donc à l’homme son perfectionnement, et, de ce point de vue, les morales ne sont que des aide-mémoire à base de préjugés utilitaires.
Voilà donc pour ces notions, que nous aurons l’occasion de revoir je l’espère très vite, et, en attendant l’analyse du chapitre 1 : Mémoire et évolution, je vous remercie de m’avoir lu.
2 Comments:
je n'apporterai pas ici un commentaite très constructif, mais je voulais juste écrire un petit mot pour que tu saches que tes articles sont lus (et très intéressants).
Quelle verve! quelle intelligence! quel homme!
une admiratrice secrète
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