07 mai 2006

Garden Party At l'Elysée?


Princes, like beauties, from their youth
Are stranger to the voice of truth

J’offre ces vers écrits en 1727 par John Gay dans ses Fables, à M. Chirac qui fête aujourd’hui les 11 ans de son règne. Un règne qui a pu commencer grâce à un thème électoral fort, la « fracture sociale ». Mais un règne dont la réalité a largement trahi les ambitions réformatrices de 1995. Cependant Chirac est resté et l’immobilité avec, au prix du sacrifice de Juppé, Premier ministre tampon ; et grâce à la dissolution, qui nous avait permis de juger des capacités d’analyse de M. de Villepin ; que Chirac a eu la bonne idée de nommer chef du gouvernement en juin dernier.

Dès lors 2005 avait déjà un parfum de 1787 et il était inutile de faire preuve de trop de bon sens pour se rendre compte qu’un Premier ministre qui se réfèrait aux 100 jours, était un Premier ministre mort-né. Cela en dépit de toutes les aptitudes qu’il a pu déployer au Quai d’Orsay pendant de nombreuses années.

Onze ans d’exercice sont-ce onze ans de perdus ? Ce serait un constat sévère, peut être onze ans est-ce le temps qu’il faut à la France pour qu’elle décide des modalités de sa modernisation ? La sonnette d'alarme avait cependant été tirée bien plus tôt, rappelons que c'est en 1982 que Pierre Rosanvallon a publié La crise de l'Etat providence. Etat providence donc, retraites, banlieues, universités, les chantiers sont nombreux tant du point de vue économique, que social, et tant du point de vue des institutions que de la Constitution. Il y a un paquet de réformes merdiques à mener. Cela se fera avec un nouveau système politique, de nouvelles lois, mais aussi de nouvelles mentalités.

Confiance et responsabilité sont des valeurs qui doivent êtres adoptés et comprises par tous. Selon moi, voilà une des clés permettant l’avènement, dans le respect de l’ensemble des citoyens, d’une France nouvelle permettant la coexistence et le bien-être de tous les français, une France offrant des emplois à ses chômeurs, des travailleurs à ses entreprises, une rémunération à ses stagiaires, et des formations à ceux qui en ont besoin. En somme une France qui offrirait des raisons de rester à tous ceux qui la quittent et des opportunités, et non pas la misère, à ceux qui y arrivent, sans oublier de rendre de l’espoir à ceux qui n’en ont plus. Encore faudrait-il être assez ouvert d’esprit et ne pas camper sur des acquis qui bien que beaux, et d’une humanité sans pareil, jettent chaque jour quelques malheureux de plus dans la rue ; alors en attendant 2007, je vous remercie de m'avoir lu.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je partage gloabalement ton analyse de la situation : Chirac n'a pas donné de nouveau souffle à une France qui semble douter d'elle même à tous les niveaux. Je lisais donc tout guilleret ton démontage en règle du chiraquisme, quand, stupeur, tout s'est écroulé à la dernière phrase ! Argh m'étranglais-je ! Ouïe ! Qu'entends-je ! Que lis-je !? à suivre...

10:02 PM  
Anonymous Anonyme said...

...suite. Les maux de la France seraient donc en partie dûs à ses " acquis " ? Je regrette que ta finesse ait péché par une telle analyse, pourtant brillamment entamée, erreur que j'attribue à de la rapidité. Une remarque pour argumenter : les acquis sociaux en France sont, à mon sens, l'expression de la solidarité, qui fait aujourd'hui tenir la France, et qui a fait sa grandeur. Les supprimer ou les affaiblir c'est saper le ciment de la société française. Les renforcer ou les moderniser c'est consolider la cohésion nationale.

10:08 PM  

Enregistrer un commentaire

<< Home