En attendant demain...

Il est 01.44, je devrais dormir depuis un moment c'est vrai, car demain j'ai cours à 08h. Et pourtant, voilà un moment que l'idée me trotte dans la tête de créer un blog.
01.44 c'est une bonne heure pour créer un blog.
Je ne vais pas vous ressasser du lieu commun, un blog oui "parce que j'ai des choses à dire", mais bien un blog parce que je me dis des choses, et qu'il m'est apparu que penser utile ne serait sans doute pas une mauvaise idée.
Pour moi, étudiant en licence d'histoire et de science politique à la Sorbonne (Paris 1), penser doit être une activité constructive, d'autant plus que 21 ans, c'est l'âge des premiers choix importants, première expérience de la vie adulte, c'est aussi les premières pensées qui ne sont pas uniquement focalisées sur des paires de nichons ou le désir incontrôlé de ce que sera mon prochain plaisir.
En bref, voilà ce qui a précipité mon geste. Hier en compagnie de mon père, mon ami Léo et de ma copine Claire, que je salue tous avec insistance (coucou je suis là!), nous avons regardé un film fort intéressant puisqu'il s'agissait de Mon oncle d'Amérique, d'Alain Resnais. Autant vous dire que c'est le seul film de Resnais que j'ai vu, mais voilà qu'hier il m'a marqué, et cela grâce à un personnage, réel et non fictif, le professeur Henri Laborit, médecin et biologiste, auteur de Biologie et structure dont les thèses exposées dans cet ouvrage sont largement utilisées et constituent même l'essence du film de Resnais. J'y reviendrais un jour sans doute. Quoiqu'il en soit, voici que, cette nuit, dans mon lit et ayant raté le train du sommeil, je me disais qu'il faudrait que je demande à mon prof de sociologie générale quel a été l'impact des sociologues dans le développement du courant structuraliste, et réciproquement quel impacte le structuralisme a eu sur la sociologie en tant que science sociale. Inutile me dis-je, va prendre ton ordi, lance l'encyclopédie et va voir. Ce que je fis. Et voilà qu'après avoir cherché Henri Laborit, j'ai ensuite cherché structuralisme, dans l'article j'ai vu une photo de Michel Foucault tout sourire, quelle belle gueule.
Je ne m'attardais pas plus longtemps sur la photo, et de structuralisme je suis passé à philosophie afin de voir un peu ce qu'on y raconterait dans cet article. Il faut dire que éthique est un mot que j'ai beaucoup en tête depuis quelques temps. Et là, belle surprise, dans l'avant dernière partie de l'article : Le retour de l'éthique. Majestueuse pertinence (avec le Sanctus de la Grande messe en do mineur de Mozart derrière je ne vous raconte pas l'érection). Voilà j'ai lu la partie en question, et je me suis posé des questions, des choses me sont passées par la tête, et je me suis dit : y'en a assez de ces pensées qui ne font que passer. Crée ton blog, de toute façon tu en as déjà le titre : En attendant demain. Pourquoi un tel titre? Il faut dire que le choix ne souffre pas d'un excès de rationalité, demain c'est l'inconnu, demain tout peut changer, tout aura changé, d'une certaine manière tout continuera aussi, mais c'est aussi demain que vous irez consulter mon blog pour voir s'il y a un nouvel article. Sans doute est-ce un effet de l'environnement qui m'entoure mais, je ressens l'existence d'un vide tellement imposant au coeur des mots futur et avenir, que forcément le mot demain se trouve être le révélateur d'un tropisme particulièrement éloquent.
Je suis désolé. Désolé parce que déjà ce premier message est trop long. Il faut que je captive votre attention, car même si j'écris pour moi j'ai l'intention de me faire secouer par mes lecteurs. Alors milles excuses, les prochains articles seront plus courts tant il est désagréable de lire sur un écran ; rien ne vaut un bonne page en papier. Quoiqu'il en soit, ça y est mon blog est créé, je vais aller me coucher, alors en attendant demain, merci de m'avoir lu.
8 Comments:
stan tu es trop drôle !
Laborit à vrai dire est complètement ignoré. Puisque vous êtes à l'Université, vous pourriez pas demander à droite à gauche pourquoi ? C'est idiot ce qu'il a dit ? Dépassé peut-être ?
C'est trop dur à affronter ? J'avoue que je ne comprends pas pourquoi ses idées sont ignorées et ça m'agaaaaaace. Oh well.
Et c'est ainsi que par hasard que je tombe sur un blog d'autant plus beau qu'il affiche son ambition à travers Mencken. C'est une bonne inspiration.
Et il remplit son objectif ambitieux avec cette réflexion sur Laborit, que Dieu ait son âme structurée.
Ne faisons pas l'erreur de trop classer Laborit comme structuraliste. Ces étiquettes sont pratiques, mais quand il s'agit de décrire les grands penseurs, elles sont insuffisantes et réductrices, béquilles de petites mémoires inconstantes des pauvres esprits que nous sommes, puisque nous en avons besoin. Ne laissons pas une étiquette dicter notre jugement, c'est un outil de classement, au mieux.
Pars donc à la découverte de cet homme et dis nous ce que tu trouves.
J'attends avec impatience la prochaine épisode de ton compte rendu.
A Barry Lindon.
Je saluerai en priorité le pseudonyme sous lequel tu agis cher ami et illustre inconnu.
Biologie et structure se trouve sur ma table de nuit depuis quelques jours déjà, mais les pages n'en ont pas encore été coupées. La faute à mon manque d'organisation, et à un autre manque, celui d'une invitation aussi élégante à me lancer dans l'aventure. Merci donc, de cette invitation. Et je te promets, un jour ou l'autre qu'un article sur Laborit verra le jour sur ce blog.
En attendant, je vais faire quelques recherches sur Galbraith, l'économiste récemment décédé, qui me paraît être d'une actualité pétardante. A très bientôt.
Mais mon bon meussieu, cher ami, quel délicate surprise que votre tout à fait délicieux blog (et j'en passe et des meilleures). Il règne ici une ambiance tout bien comme il faut et les gens utilisent plein de mots compliqués, c'est vraiment réjouissant. Je gigote de joie devant ce déploiement enivrant de contorsions stylistiques tant dans votre message que dans les commentaires.
Arrêtez mon bon, votre flatterie émoustille mon envie de rétablir derechef l’autorisation préalable de l’administrateur à la publication de commentaires subversivo-irritants.
Je ne souhaite pas que cet espace devienne le lieu de répliques anarchisantes et je n’hésiterai pas à faire emploi de mon fascisme technologique de gauche, si j’en suis amené à juger cela nécessaire, au regard des constatations établies au préalable.
Oh et permettez moi cher ami de vous faire remarque que vous avez fait une faute d’accord ; oui, vous avez écrit « quel délicate surprise» là où il fallait écrire « quelle délicate suprise». Mais quel(le) mouche vous a donc piqué ?
Nous laissons plusieurs dimensions à la postérité. Il y a Galbraith l'économiste, le politique, le mondain, le dénonciateur et l'historien.
Celle qui nous intéresse ici est l'oeuvre écrite. L'oeuvre de Galbraith se décompose, à mon humble avis, en deux parties. La partie visionnaire et la partie historique.
Galbraith fut célébré, pendant un bonne partie de sa longue vie, pour son oeuvre visionnaire.
Laissons reposer cette oeuvre, elle n'est pas tant d'actualité que cela, me semble-t-il. Intéressante, certes, mais d'actualité ? Disons qu'elle se remet des effets de mode d'il y a 30 ans. Tout tourne et ces écrits, sur la technostructure notamment, sont très ancrées dans notre conscience commune et bien comprises. D'autres écrits datent mais peuvent fasciner une nouvelle génération de lecteurs par leur bonne conscience et par la combinaison d'une vision libre avec l'origine de l'auteur, très Establisment East Coast Démocrate. Galbraith a écrit un autre livre et je te recommande celui-là.
C'est son histoire du Krach de '29. C'est, avec celui de Charles Kindleberger, autre économiste fascinant qui est décédé l'année dernière je crois, le meilleur travail sur cette époque fascinante.
Ce livre fait toujours l'unanimité, je pense. Il se lit comme un roman.
Commençons donc petit, par un grand Krach.
Je suis désolé, croyez-moi Cher Stanislas, pour cette faute d'accord, venant sans doute d'un de vos amis, immédiatement démasqué. Démasqué, oui ! Derrière le masque de l'étudiant, car il y a une chance élevée que, comme vous, ce soit un jeûne (orthographe conscient et choisi exprès) qui s'ennuie des manifs du quartier latin et qui blogge en attendant la prochaine vague, apparaît le petit barbare textuel, immédiatement répéré et mis devant ses responsabilités.
Voilà du bon travail! Ne laissez rien passer mais alors RIEN DU TOUT. Zéro Fôte !
Mieux encore, créons une seconde couche, cachée celle-ci, dans le texte. Pour séparer les initiés des barbares.
Je suis égyptien de nationalité et surtout d'éducation, qui chez nous aussi est très nationale. L'enseignement du français y est un luxe, un peu comme chez vous les sacs Vuitton et les parfums Guerlain. Parfois je perds prise avec votre belle langue. La même-chose pourrait donc m'arriver demain, et bien que la petite erreur en question me semblait plutôt une faute de frappe, nous savons que nous sommes ici désormais dans un environnement de sévérité textuelle comme dans les pages momifiées du Bon Français du Figaro.
Permets-moi d'inverser la Pyramide des petits malheurs textuels en te parlant du message caché dans ta réponse.
Tu as voulu rendre hommage à un homme qui doit être un de tes écrivains allemands préférés. Voyons un peu, appellons le Erich Maria.
Il pointe le nez, en sous-couche de ton discours correcteur, dans "Oh et permettez moi cher ami de vous faire remarque que...".
Raffinement et sublimation, subtilité et plaisir de découverte. Compliments, cher Stanislas.
Il est vrai que pour le bloggeur débutant tous les moyens sont bons pour faire réagir le peuple.
C'est ainsi que tu as bien réfléchi quand tu as décrit l'état d'âme des mercenaires de Charles V devant Rome comme "pillosité", ce qui est très fin, et que tu as rendu hommage au Grand Stan qui est au Ciel en indiquant Barry Lindon comme ton film préféré. Vincent n'en est toujours pas revenu. Son tic parcontre, est bel et bien de retour.
Maintenant que nous avons traité ces affaires importantes je reste un peu sur ma faim en matière de Laborit et Galbraith.
Un peu plus de matière, s'il te plaît, Monsieur Debut Prometteur.
Look sore !
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